L’ouverture du marché français déclenche la guerre des compagnies
L’ouverture du marché français des jeux en ligne a donné le signal d’une compétition acerbe entre les marques, à plusieurs niveaux d’activité.
Dans le domaine de la publicité, les deux anciens monopoles - la Française des Jeux et le Pari Mutuel urbain - sont de loin les plus grands dépensiers.
Quant à la compétition, ça devrait engendrer un spectacle fascinant. Les “généralistes”, tels que la FDJ, le PMU et les sociétés de médias se lancent dans l’industrie avec une gamme complète de produits et se mesurent aux spécialistes réputés en France, comme PokerStars ou Winamax.
Parmi les fournisseurs de logiciels, Playtech est à ce jour le plus grand absent du marché, sans aucune annonce d’un accord majeur. Cependant, la société annoncera prochainement de nouveaux partenariats et détient déjà une part de marché importante en France, par l’intermédiaire des salles en ligne Titan Poker, Poker770 et Chilipoker. Le partenariat de ce dernier avec Iliad-Free, deuxième fournisseur de services Internet en France, pourrait générer aussi plus d’accords en marque blanche assez tôt.
Bien qu’il soit difficile de quantifier la valeur future du marché, Jean-François Vilotte, le président de l’Autorité de Régulation des Jeux en Ligne (ARJEL) a déclaré lors de la conférence de presse du 8 juin: “Nous n’allons pas essayer d’assigner une valeur au marché du poker, parce que personne ne le connaît vraiment. Pour ce qui est des paris sportifs, nous ne croyons pas que les courses de chevaux connaîtront une croissance exponentielle. En 2009, PMU a enregistré près de 600 M € des paris sur Internet et on peut s’attendre à une croissance entre 800 et 900 M €, ce qui représente en fait la production des sites auparavant illégaux. Quant aux paris à cote fixe, la plupart des spécialistes estiment une production de 1 Md €, dont 5% ira à la FDJ”.
Il apparaît donc clairement que la France n’est pas le pot d’or attendu par certains. “L’accès à ces marchés libéralisés sera très difficile et coûteux et seules les grandes entreprises seront en mesure de le faire. Pour obtenir la licence française avant la Coupe du Monde, nous avons travaillé quatre mois et nous avons dû remplir 18,000 pages d’informations. Elle nous a coûté des millions d’euros. Les anciens monopoles font beaucoup de marketing par le biais de leurs boutiques et si l’on veut exister, on doit aussi investir beaucoup dans le marketing”.
Jusqu’à ce que la législation soit révisée au bout de 18 mois, il y aura des pressions intenses pour la légalisation des jeux de casino, la réduction des impôts sur les paris sportifs et la diversification des types de paris et de jeux de poker.
En même temps, on doit s’attendre à une série de poursuites contre les monopoles pour abus de position dominante et concurrence déloyale.